
«Regardez comment nous vivons !» s'exclame Manos, en désignant la clôture qui entoure sa propriété agrippée au flanc de la colline. C'est une maison modeste, conçue au départ pour les vacances. Jusqu'à ce que Manos et son épouse Vasso prennent leur retraite et viennent s'installer définitivement sur l'île dont ils sont originaires. Ils pensaient y couler des jours tranquilles, d'autant que la vie sur l'île est moins chère qu'à Athènes. Sauf que désormais, au bout du minuscule petit jardin, il y a ces silhouettes adossées au grillage. Et juste derrière, un océan de tentes et de bicoques précaires en bois : La «jungle» de Samos, où s'installent tous ceux qui arrivent clandestinement sur l'île mais ne peuvent plus loger, faute de places, à l'intérieur du hot spot, qu'on distingue un peu plus loin. Cet ancien camp militaire a été reconverti en centre de «transit» pour les réfugiés et migrants arrivées des côtes turques, toutes proches.
Les dirigeants européens se félicitent régulièrement d'avoir mis un terme à la crise migratoire amorcée en 2015 ? A Samos, ce «succès» fait grincer des dents. Car les îles grecques proches de la Turquie payent le...