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Elections : Papandreou présente son programme de 100 premiers jours

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By iNFO-GRECE ,

Le président du PASOK, Georgios Papandreou, a annoncé être prêt à assumer ses responsabilités de premier ministre de la Grèce après les élections du 4 octobre, présentant un programme des 100 jours de gouvernement, politique, économique, social, environnemental, lors de son discours à la 74e Foire internationale de Thessalonique.

Succédant au président de la Nouvelle Démocratie et premier ministre sortant, Costas Caramanlis, qui la semaine dernière a dressé à son tour de la même tribune son plan anti-crise, M. Papandreou s'est déclaré opposé à une conception néolibérale, qui préconise des coupes budgétaires et une politique d'austérité, pour parler, lui, d'une conception de justice sociale et favorable aux investissements productifs.

Développant les grandes lignes de son Plan national de "redressement" pour les 100 jours d'un gouvernement du PASOK, le dirigeant du principal parti de l'opposition a soutenu pouvoir aider le marché, les PME et petits salariés, supprimer les dépenses publiques inutiles, afin de garder "le marché vivant et donner vie à l'économie" et ce afin de passer aussi à un autre stade indispensable que sera la croissance verte avec changement radical du mode de production des richesses.

Le programme du PASOK se différencie de celui qui met en avant le gel des salaires et retraites et une fiscalité lourde sur les classes moyennes, des politiques, a-t-il souligné, qui aggravent et approfondissent la récession et conduisent à de plus graves problèmes dans les finances publiques.

Plus précisément, en ce qui concerne les salaires, et pour des raisons de cohésion sociale et renforcement de la demande sur les marchés, ce programme prévoit des revalorisations supérieures aux taux d'inflation, une allocation de solidarité, des mesures de protection pour les emprunteurs et les ménages surendettés, la lutte contre la hausse des prix, le gel des tarifs des entreprises publiques (DEKO) pour un an, une réforme radicale de la fiscalité.

En vue de la reprise des activités, il est proposé une hausse des investissements publics, des interventions pour injecter sur le marché des liquidités, des changements du système Teiresias (client bancaire sur liste rouge avec interdiction d'émettre des chèques), et initiatives pour améliorer l'environnement des affaires.

Un 3e point prioritaire sera la protection et hausse de l'emploi, avec en particulier des subventions aux contributions sociales du patronat afin d'inciter à des recrutements, hausse de l'allocation chômage, programmes d'emplois sociaux.

Enfin, ces mesures s'associeront à des économies des dépenses publiques, une hausse des recettes basées sur une réorganisation complète des services du fisc et des contrôles.

Par ailleurs sur les 4 ans du mandat, M. Papandréou souligne en outre un objectif non négociable que sera la production de nouvelles richesses à partir de la croissance verte, la mise en valeur des atouts de la Grèce, ce qui permettra une répartition juste des revenus. Le président du PASOK a parlé aussi de grandes priorités pour de nouvelles orientations dans le domaine de l'énergie, la restructuration de la province, fort d'avoir aussi une proposition intégrée pour le tourisme, la marine marchande, l'environnement, l'éducation, la recherche, les nouvelles technologies.

La deuxième partie du Plan national de "redressement" concerne les réformes de l'Etat, qui doivent redonner confiance aux Grecs dans les institutions, l'Etat et le système politique. Il s'agira là de garantir la transparence dans les adjudications et fournitures publiques, de décentraliser, de renforcer le système des examens d'entrée dans l'administration publique.

M. Papandréou a conclu son discours en se disant certain que l'heure est venue de décider et de choisir, assurant être engagé, mais tous ensemble, à de grandes réformes et changements.

Réactions des autres partis au discours de M. Papandréou

"Un exposé d'idées avec beaucoup d'emprunts et pire une réflexion immature", a ironisé le porte-parole de Nea Dimokratia (ND), Georgios Koumoutsakos, faisant allusion à la rentrée scolaire qui avait lieu le même jour et accusant M. Papandreou de promettre tout et n'importe quoi à n'importe qui et que ces promesses sont impossibles à financer.

"Est-ce possible de financer les nouvelles dépenses exorbitantes par le seul import sur l'immobilier et sur les biens de l'Eglise ? Nous révélera-t-il enfin quelle est la recette fiscale magique qui augmentera les rentrées de l'Etat sans alourdir les charges de chaque famille ?" interroge la ND pour conclure que M. Papandreou nous mène à l'aventure, une aventure payée par la dépense publique, c'est-à-dire par le contribuable grec.

Le PASOK est prêt à s'attaquer aux revenus et droits des salariés, protégeant les intérêts de la ploutocratie, main dans la main avec la ND, a commenté le bureau de presse du CC du KKE à propos du discours de M. Papandreou. Les voies du développement sont doubles, l'une qu'expriment surtout la ND et le PASOK est la voie qui contribue aux crises économiques, l'autre est celle qu'exprime le KKE qui se résume en "alliance pour le pouvoir populaire et l'économie".

Le communiqué du bureau de presse de la Coalition de la Gauche radicale (SYRIZA) dénonce les imprécisions et généralités du discours de M. Papandréou, estimant que son affirmation que le nouveau PASOK n'est plus l'ancien que nous avons connu n'a pas convaincu.

La SYRIZA souligne l'absence de références à la suppression de lois anti-sociales précises, notant que sa réforme de la fiscalité reste vague, et qu'il évite de parler de dénationalisations.

i-GR/AE/ANA-MPA

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