Combien coûterait à la France et à l'Allemagne un effacement de la dette grecque? La question est relancée depuis qu'Alexis Tsipras, le leader du parti d'extrême gauche Syriza, en tête dans les sondages, réclame une restructuration unilatérale de la dette qui pourrait aboutir au non-remboursement de tout ou partie du principal - un «haircut». La dette publique grecque s'élève aujourd'hui à 320 milliards d'euros, soit 177 % du PIB. Elle est essentiellement détenue par les gouvernements de la zone euro, le FMI et la BCE, ce qui rend sa restructuration plus délicate, car elle se fera aux frais du contribuable européen. Les interrogations sur son remboursement, après le scrutin du 25 janvier, ont fait bondir les taux d'emprunts du pays au-delà de 10 %, leur plus haut niveau depuis juillet 2013.
Jadis détenue par le secteur privé, la dette grecque l'est désormais à 85 % par les États membres de la zone, à travers le Fonds européen de stabilité financière (FESF), des prêts gouvernementaux bilatéraux, le Fonds monétaire international (FMI), qui a participé aux deux sauvetages de la Grèce, la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales, qui détiennent 8...