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3 octobre 1955, Harding gouverneur militaire à Chypre

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Φόρουμ

[i] Le 3 octobre 1955, Eden, Premier ministre du Royaume-Uni, envoie à Chypre, colonie britannique, un gouverneur militaire, est Allan Harding, réputé à poigne. Il a 59 ans.
41 ans auparavant, en 1914, à 18 ans, il s’est engagé dans l’armée, lors de la Grand Guerre. C’est un officier sorti du rang. Lieutenant durant ce premier conflit, dans les opérations du Moyen-Orient, dans l’infanterie légère, il continuera sa vie sous les armes. Il fait l’École de guerre. Au début de la Deuxième guerre mondiale, il est colonel, devenant général de brigade, de division et de corps d’armée durant ce conflit. Il s’est distingué et a été décoré maintes fois. En 1942, il participe aux deux batailles d’El Alamein. Il est blessé, à la tête de la VIIème Division blindée britannique (Rats du Désert) et ne reprend qu’un an et demi plus tard, comme chef d’État-major du maréchal Alexander en Italie. De 1944 à 1951, il commande les forces terrestres britanniques en Extrême-Orient, face aux troubles en Malaisie, et durant la guerre de Corée. Enfin il sera commandant en chef de l’armée britannique du Rhin en 1951-52. Puis, il sera, trois ans, jusqu’en 1955, chef de l’État-major de l’Empire britannique, participant, à ce titre, au cortège du couronnement d’Elizabeth II. Il élevé à la dignité de maréchal en 1953…
Cet homme de guerre britannique, a donc toujours combattu loin de son île, des combattants et non des politiques. Il a toujours été victorieux contre des « indigènes » (natives pour les Anglais). Peut-être a-t-on cru qu’il serait à même de négocier avec les Chypriotes grecs et turcs, alors que son gouvernement avait des pourparlers avec la Grèce et la Turquie, ce qui n’avait rien à voir avec la réalité du terrain, ni pour lui, ni pour les gouvernements.
Grívas, colonel de l’armée grecque, mais chypriote, et selon l’expression de Mao Tsé Toung, « comme un poisson dans l’eau » à Chypre, a commencé la guerre d’indépendance avec l’EOKA le 1er avril 1955.
Les mesures décidées ce maréchal britannique qui veut garder la colonie, et protéger les deux grandes bases britanniques (Nasser nationalisera le canal de Suez en 1956), sont brutales et inefficaces. Certaines sont des crimes de guerre. Il a instauré le couvre-feu ; fermé les écoles grecques ; interdit les grèves ; les prisons étant trop petites ouvrit des camps de concentration pour les Grecs ; suspects enfermés, sans jugement, sine die ; amendes collectives ; peine de mort (plusieurs pendaisons) pour port d’armes ou possession de produits pouvant fabriquer des explosifs. Il épura la police insulaire des grecs favorables à l’EOKA. Il fit venir 300 policiers britanniques. Les troupes (40 000 hommes) étaient en permanence sur pied de guerre.
Initiative qui va susciter la fracture parmi les insulaires, il constitue un corps de police auxiliaire uniquement turc (18 % de la population est turco-musulmane). Frappant toujours les Grecs ça attisera un désir de revanche et l’impression d’être trahis chez ceux-ci. Harding n’avait en rien cure de la population civile grecque, considérée comme criminelle, de la désapprobation de ses mesures. Les Chypriotes turcs jusque-là implantés par toute l’île commencent à penser à une partition et au rattachement à la Turquie d’Asie, proche, qui les y pousse.
Harding ne peut « réduire » l’ethnarque Makarios III, auquel il avait proposé des investissements dans l’île si l’auto-administration et l’autodétermination étaient reculées. Le taxant responsable et coupable des troubles, Harding l’exila le 3 mars 1956 aux îles Seychelles, colonies britanniques, avec l’archevêque de Kérýnia et deux autres religieux. Harding exila ainsi, avec l’ethnarque, la possibilité, voulue par ce dernier, d’obtenir démocratiquement et par négociation, l’autodétermination et l’indépendance de Chypre. Grivas et l’EOKA, n’ayant plus ce frein, la lutte armée devint plus âpre et plus sanglante.
Lord Harding of Petherton est mort à 92 ans, 34 ans a après avoir déclenché dans l’île le désir de partition en s’appuyant sur sa police turque, et huit ans après l’invasion de la sur puissante armée turque contre la petite garde civile chypriote et le contingent grec.
Les 18 % de Turcs insulaires ont pris presque la moitié de l’île, hébergent 35 000 soldats turcs d’occupation, favorisent l’implantation de squatters anatoliens, effacent tout souvenir de ce qui depuis la plus haute Antiquité a été grec, profanent et détruisent les églises, et vendent à des antiquaires véreux et des trafiquants les trésors antiques et byzantins, comme des receleurs. [/i]

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